Le «journalisme Facebook» est devenu le théâtre d’une irresponsabilité totale. Un métier autoproclamé sans garde-fou, sans même la pudeur d’un doute.
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On y distribue des scoops à la pelle, des «exclusivités» inventées, des vérités bricolées, des urgences dépassées, comme si l’information se réduisait à un flux d’émotions brutes balancées en direct, le plus souvent, depuis un smartphone.
L’affaire Madiambal Diagne a servi de révélateur cruel. Pendant des heures, la «presse Facebook» a déroulé les versions les plus rocambolesques, avec une imagination assez fertile pour servir aux lecteurs des récits aux détails croustillants mais jamais vérifiés.
On nous annonçait tout et son contraire, avec des publications persuasives, des statuts rageurs, des commentaires en rafale. Une nuit entière, les réseaux sociaux se sont transformés en une gigantesque salle de rédaction parallèle, où la vérité n’avait pas droit de cité. Comme toujours d’ailleurs.
Puis le réel est venu frapper à leur porte. La vérité, toute simple, toute nue est que Madiambal Diagne se trouvait en France. Pas caché, pas localisé, pas traqué.
En France. Un fait élémentaire que cette «presse Facebook» avait refusé de reconnaître, préférant nourrir le mensonge presque collectif. Et lorsque l’évidence fut impossible à nier, elle fit volte-face, reprenant l’information comme si de rien n’était, comme si elle n’avait pas passé toute une nuit à intoxiquer son public.
Voilà le mal. Voilà le poison. Car au-delà de cette affaire, ce phénomène illustre la dérive d’un journalisme fantasmé, réduit à des directs Facebook qui ne sont que des bavardages en continu, des palabres qui confondent bruit et information. Tout le monde peut prendre son téléphone, cliquer sur «live», et se rêver reporter. Mais l’information, la vraie, celle qui demande du temps, de la vérification, de la responsabilité, se trouve ailleurs.
Le «journalisme Facebook» n’est pas seulement un symptôme de notre époque. Il est le miroir déformant de ce que devient l’espace public. Une sorte d’arène où l’instantané écrase la rigueur, où le spectaculaire supplante le factuel, où le mensonge n’a plus honte de se recycler en vérité dès le lendemain.
De #Makhal
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