Fondation « Sénégal solidaire » : Maimouna Bosso interpelle sur les risques d’un système parallèle

La création annoncée de la fondation « Sénégal solidaire » continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique. Parmi les voix critiques, celle de Maimouna Bosso, qui s’interroge sur la portée réelle de cette initiative et sur les symboles qu’elle renvoie au sommet de l’État.
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Dans une prise de position tranchée, elle pose d’emblée le débat : « Fondation de Première Dame ou accouchement programmé d’un système que nous avions combattu ? » Une interrogation qui traduit, selon elle, un malaise plus profond autour de la gouvernance et de l’exemplarité attendue des institutions.

Maimouna Bosso rappelle qu’au cours des deux dernières années, les Sénégalais ont été témoins d’un manque de signes visibles d’unité au sommet de l’État. Elle évoque « deux longues années sans image d’unité, sans geste de solidarité visible », soulignant l’absence de communication publique entre les épouses du Président, une situation inédite dans l’histoire institutionnelle du pays.

Pour elle, cette absence de symboles forts contraste avec le message que veut incarner aujourd’hui la nouvelle fondation. « De quelle solidarité parlons-nous, lorsque ceux qui doivent l’incarner n’en donnent aucun signe ? », s’interroge-t-elle.

Toutefois, Maimouna Bosso tient à clarifier sa position : elle ne s’oppose pas à l’engagement des épouses du Chef de l’État dans des actions sociales. Au contraire, elle estime que leur implication peut être bénéfique, à condition qu’elle s’inscrive dans un cadre républicain clair, transparent et aligné avec les institutions existantes, notamment les ministères en charge de la Famille et de l’Éducation.

Là où elle exprime une ferme opposition, c’est sur la mise en place de structures parallèles. Selon elle, ces fondations pourraient échapper au contrôle public, favorisant des circuits financiers opaques et ouvrant la voie à des pratiques de lobbying et d’influence sans véritable obligation de rendre compte.

« Le Sénégal n’a pas besoin de structures opaques. Le Sénégal a besoin de transparence, de cohérence et d’exemplarité », martèle-t-elle, appelant à une vigilance citoyenne.

En conclusion, Maimouna Bosso met en garde contre toute reproduction de pratiques autrefois dénoncées. « Nous avons combattu ces pratiques hier. Nous ne pouvons pas les accepter aujourd’hui », affirme-t-elle, posant ainsi les bases d’un débat qui ne fait que commencer autour de la gouvernance, de la transparence et du rôle des institutions dans le Sénégal contemporain.


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